Journal d'un nombriliste

La mécanique du coeur

   La chose la plus curieuse de Prague est sans aucun doute l'énorme métronome qui surplombe la ville. A l'origine, une statue de Staline se dressait à sa place. Elle fut dynamitée en 1962 et remplacée par ce métronome géant en 1991. Ses battements réguliers sont semblables à ceux d'un coeur humain. Si l'âme de Prague se trouve partout dans chaque monument, dans chaque ruelle, dans chaque pavé, son coeur est ce métronome. Tic. Tac. Tic. Tac. Le communisme éteint, Prague a commencé à vivre. Et pour moi, ce métronome en est le symbole.

    Dans « La Mécanique du Coeur » de Dionysos, le héros a une horloge à la place du coeur ; Prague est ainsi ; je suis pareil. Je pensais fonctionner à l'aide d'une montre suisse, d'uné robustesse à toute épreuve, mais je n'avais en moi qu'une vulgaire contrefaçon. Mon coeur est déréglé, mais je compte bien profiter de mon séjour ici pour le réparer et pour remettre les pendules à l'heure.

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Quotidien pragois

   Je me réveille à Prague pour la deuxième fois. Je m'installe la majeure partie de la journée au Café Franz Kafka pour y lire, y écrire et y écouter de la musique à travers les écouteurs de mon iPod. En fait, je fais strictement la même chose que chez moi, mais dans un lieu différent.

    Je me promène assez peu dans Prague, je l'avoue, je n'aime pas jouer au touriste. Quand je me balade dans une ville, je m'imagine être né dans celle-ci. J'essaie toujours de faire comme si je connaissais toutes les rues, tous les cafés et tous les habitants. Je marche en faisant semblant de savoir où je vais. J'essaie de tromper tout le monde mais je ne trompe personne. Quel Pragois ne parlerait que le français et l'anglais et se perdrait encore dans sa ville natale ?

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Phrase de la semaine

   Prague oblige, la phrase de la semaine est une citation de Franz Kafka (« Une lettre à Milena ») :

    « L'amour, c'est que tu sois pour moi le couteau avec lequel je fouille en moi. »

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Les voyages en train

    Depuis le slam de Grand Corps Malade, je ne peux m'empêcher, dès que je prends le train, d'avoir l'impression de me trouver dans une métaphore amoureuse. J'ai pris un wagon pour oublier celle que j'aimais et me rendre dans une ville que j'aime. Si Prague était une fille, je serais sauvé. Beautiful Praha !

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La fugue

    Les murs de mon appartement se referment lentement sur moi. Encore quelques jours à l'intérieur et mon studio aura la taille d'un cerceuil. J'essaie de sortir mais c'est en vain. Tout me rappelle Sophie : les cafés que nous fréquentions, les arrêts de bus où nous nous attendions, les trottoir où nous nous embrassions, les cinéma où nous nous bécotions, les jardins publics où nous nous cachions pour faire l'amour.

    Alors c'est décidé : demain je fugue. Je fuis cette ville pour une autre en espérant retrouver un semblant de sérénité. Demain je m'en vais retrouver le seul endroit où je me sente chez moi. Demain je prends le train et je quitte mon train-train quotidien. Demain je fuis vers Prague.

 

PS. Je trouverai sans doute un cyber-café sur place, donc le blog continuera à être mis à jour quotidiennement. 

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Et moi et moi et moi

    Je veux être célèbre. Je veux être aimé. Je veux être détesté. Voilà le triumvirat de mon existence.

    Je ne veux laisser personne indifférent. Vos commentaires sont des coups ou des caresses qui touchent mon ego.

   J'aime être adulé, mais j'apprécie aussi être détesté. Le premier jour, je vous offrirai des fleurs, mais le second je vomirai sur votre robe. Le troisième jour, je vous offrirai une bague, mais le quatrième j'urinerai sur votre voiture. Le cinquième jour, je vous demanderai en mariage, mais le sixième je vous tromperai avec votre meilleure amie. Et le septième jour, je me reposerai en contemplant cette oeuvre auto-destructrice.

    « Je blogue, donc je suis » aurait écrit Descartes de nos jours. J'écris pour être quelqu'un. Remarquez-moi, regardez-moi, lisez-moi, aimez-moi, haïssez-moi. Et moi, et moi, et moi.

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Questions

   Deux questions me restent sans réponse : "Quel est le sens de la vie ?" et "Pourquoi je tiens ce journal ?".

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Faites connaître ce blog !

   Une fois n'est pas coutume, j'ai un service à vous demander. Si vous aimez ce blog, je vous propose de le faire connaître auprès de dix personnes que vous aimez. Si vous détestez ce blog, je vous propose de le faire connaître auprès de dix personnes que vous détestez.

   Pour participer à cette opération de promotion du blog, vous n'avez qu'à cliquer sur le lien ci-dessous :

oui - ce lien ici 

   En remplissant le formulaire, un mail sera envoyé à chacune des adresses email renseignées. Si vous remplissez le champ pour les dix adresses, je vous enverrai une nouvelle littéraire originale signée Le Nombriliste par email.

   Merci d'avance et Nombril Kiss.

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Marchés de Noël

    Je me suis promené en ville ce dimanche et je me suis rendu compte, à ma grande suprise, que le marché de Noël municipal était déjà ouvert. Nous sommes à quatre semaines de Noël, le marathon est entamé.

    Pour la société de consommation dans laquelle nous nous trouvons, Noël est un véritable feu d'artifice, c'est un bouquet final en quelque sorte. Durant l'année, tout ce que nous achetons et toutes les publicités que nous subissons n'ont qu'un seul but : nous préparer pour Noël. Ces douze derniers mois de consommation n'étaient qu'un entraînement, c'est aujourd'hui que commence la vraie compétition. Qui en sortira vainqueur ? Tout le monde sauf nous.

    Cher Père Noël Coca-Cola, apporte-nous pleins d'enfants consommateurs, obèses et diabétiques dans nos jolis souliers Nike.

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Phrase de la semaine

   La phrase de la semaine est signée Christian, ingénieur informaticien pour une grande multinationale, mais néanmoins ami :

   "Il y a tellement de trous du cul à mon boulot que, lorsque je serre la main de mes collègues le matin, j'ai l'impression de faire un toucher rectal."

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