A l'heure des "Grenelles de l'environnement", il faut bien que les écrivains et les éditeurs s'accordent sur une chose : utiliser moins de papier pour la fabrication des livres. En effet, imaginez le nombre d'arbres coupés, déracinés et non replantés, que le monde de la littérature utilise. Imaginez le nombre de chênes gaspillés pour la publication de l'intégrale de Marc Lévy.
Pour palier ce problème, il existe trois solutions. La première consiste à faire comme moi, c'est-à-dire se faire systématiquement rejeter de toutes les maisons d'éditions ; nombre d'arbres utilisés : zéro. La seconde méthode nous vient de Belgique puisqu'elle a été mise en oeuvre par Amélie Nothomb : il suffit que les auteurs écrivent des romans plus courts d'années en années. D'ailleurs à ce rythme, le prochain Nothomb devrait faire quatre pages.
La dernière solution consiste à réécrire tous les romans en langage SMS. Finalement, le but de ce langage n'est-il pas l'économie de place ? Nous diminuons le nombre de caractères, donc le nombre de pages et donc la quantité de papier à utiliser.
Pour illustrer cette proposition, voici l'incipit de Voyage au bout de la nuit de Céline et rebaptisé pour l'occasion Voyage au bout de la night :
"Sa a DbuT com sa. Moi, jaV jamé ri1 di. Ri1. C Arthur Ganate ki ma fé parlé. Arthur, 1 étudian, 1 carab1 lui oci, 1 camarade. On se rencontre donc place Clichy. CT apré le Djeuné. Il veu me parlé. Je lécoute. "Reston pa 2hor ! kil me di. Rentron !" Je rentre ac lui. Voilà. "7 Trasse, kil comence, C pr les E à la coke ! Vi1 par ici !" Alor, on remarke encore kil ny aV persone dan lé ru, à kause 2 la chaleur : pa de voiture, ri1. Kan il fé tré froi, non plu, il nya persone dan lé ru ; c lui, m ke je men souvi1, ki mavé di à ce propo : "Lé gen 2 Pari ont l'R tjs d'ê OQP, mé en fait, ils se promène du mat1 o soir ; la preuve, c ke lorskil ne fé pa bon à se promené, tro froi ou tro cho, on ne lé voi plu ; ils son ts 2dan à prendre des Kfé crème et des bocks. C 1si ! Siècle 2 vitesse ! kil dise.""
On remarquera que les "oeufs à la coque" deviennent alors des "E à la coke". De quoi me réconcilier avec les omelettes.