Journal d'un nombriliste

Par hasard et pas rasé

   Ce matin, j'ai des remontées gainsbouriennes. Je vomis mes vodka de la veille en même temps que mes aphorismes.

    Hier soir, j'ai commis l'erreur irréparable. Pourtant la soirée avait bien commencé. Comme dans un film de Klapisch, je me retrouvais entouré de nombreux amis : un premier verre pour l'amitié, un second pour la fin de mon exil solitaire, un troisième pour le plaisir.

    Mais est arrivé le moment où tout est devenu flou. Les SMS, les lettres, le manque d'explications claires sont revenus en ma mémoire. Il fallait que je sache pourquoi Sophie m'avait largué. Et à cela je ne voyais qu'une seule solution : sortir mon portable et l'appeler. Mais elle ne répondit pas. Je décidai donc, contre l'avis de mes amis, de me rendre à son appartement.

    Comme dans une chanson de Gainsbourg, j'arrivai devant son immeuble pas vraiment pas hasard et, mal rasé, je montai en rasant les murs les escaliers qui conduisaient à son studio.

    Arrivé devant la porte, je sonnai une fois, puis deux. On finit par m'ouvrir. IL finit par m'ouvrir. Un homme, pas un para, à moitié dévêtu, était venu m'accueillir. Ne me reconnaissant pas, il jetta un coup d'oeil derrière lui en direction de Sophie. Elle se trouvait à dix mètres de moi, elle aussi était à moitié nue. Dix mètres me séparait de son Enfer et cet homme faisait office de Cerbère.

    Je décidai de prendre la fuite. Je voulais des explications et je les avais obtenues. Je rentrai rejoindre mes amis. Je me suis mis à enchaîner les verres : un premier pour l'amour perdu, un second pour oublier, un troisième pour mourir.

    Je ne suis pas l'homme à tête de choux, mais je n'en suis pas très loin. Je suis l'homme à tête de con, celui que la vie aime particulièrement bien baiser.

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