Lettres de refus
Les hasards de la vie sont parfois stupéfiants. Moi qui ne reçois habituellement jamais de courrier, quelle fut ma surprise de me retrouver avec deux lettres dans ma boîte aujourd'hui.
La première provenait d'une maison d'édition à laquelle j'avais envoyé un manuscrit : une dizaine de ligne pour ne pas m'expliquer pourquoi mon livre est mauvais.
Voici lettre en question :
« Nous vous remercions de nous avoir confié votre manuscrit. Nous sommes au regret d'avoir à vous annoncer que notre comité de lecture n'a pas retenu votre texte pour publication.
Notre capacité d'accueil en matière de fiction française est trop limitée pour que nous ne nous concentrions pas exclusivement sur les textes qui nous enthousiasment par leur force, leur originalité, leur style. En toute franchise, nous n'avons pas ressenti cet élan dans le cas présent.
Nous le regrettons et vous souhaitons plus de succès auprès de l'un de nos confrères plus convaincu, et de ce fait plus apte à assurer à votre travail une carrière digne de votre attente. »
La seconde lettre provient de Sophie : une dizaine de pages pour m'expliquer pourquoi la vie sans moi est meilleure.
Je ne sais pas pourquoi Sophie a rempli autant de pages pour me dire ce que je savais déjà. Elle aurait du prendre exemple sur cette grande maison d'édition et m'écrire une réponse plus concise, comme par exemple :
« Je te remercie de m'avoir confié ta vie. Je suis au regret d'avoir à t'annoncer que, sur avis de mes amies les plus intimes, je n'ai pas retenu ton amour pour l'éternité.
Mes attentes physiques et cérébrales sont trop importantes, et la vie est trop courte pour que je ne me concentre pas exclusivement sur les garçons qui m'enthousiasment par leur force, leur originalité, leur style. En toute franchise, je n'ai jamais eu le moindre orgasme en ta compagnie.
Je le regrette et te souhaite plus de succès auprès d'une autre fille plus amoureuse, et de ce fait plus apte à te rendre heureux, si cela est possible. »
Aujourd'hui, j'ai reçu deux lettres de refus : refus de m'éditer et refus de vivre avec moi.
Par lenombriliste, Jeudi 15 Novembre 2007 à 18:58 GMT+2 dans PARTIE I - Lécher le nombril (article, RSS)













