Journal d'un nombriliste

Le Nombriliste déménage

  Le blog déménage. Voici la nouvelle adresse : http://lenombriliste.over-blog.com. Mettez à jour vos favoris et vos flux RSS car il ne devrait plus avoir de nouveaux posts ici. Les articles resteront le temps de les mettre dans le nouveau blog.

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Une petite place

    Malgré le temps que me prend mon travail, je continue à écrire. Outre ce journal, je travaille toujours sur mon roman, mais également sur un recueil de nouvelles. Vous ajoutez à cela les soirées interminables du week-end (et parfois de la semaine), cela me laisse relativement peu de temps libre. Je me demande où je vais placer Mathilde dans cet emploi du temps ? Je pourrais peut-être prendre de ces nouvelles entre l'écriture de deux nouvelles, aller boire un verre en sa compagnie entre l'écriture de deux vers ou partager une ligne de coke entre l'écriture de deux lignes.

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Premier SMS

    J'ai reçu le premier SMS de Mathilde cette nuit. Elle s'inquiétait de ne pas m'avoir vu au travail lundi. Je savais déjà qu'un SMS pouvait détruire un couple mais je ne savais pas qu'un petit message électronique pouvait rendre heureux. Cela veut dire qu'elle pense à moi même lorsque je ne suis pas avec elle, qu'elle pense à moi même lorsqu'elle est seule chez elle, qu'elle pense à moi même lorsque je ne pense pas à elle. Je ne pensais pas qu'une autre personne que moi pouvait penser à moi.

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Médecin

   Je ne vais toujours pas mieux mais je me suis décidé à aller voir un médecin pour la première fois depuis trois ans. Il m'a conseillé du repos, des cachets et m'a infligé la pire punition du monde : il m'a mis en congé de maladie pendant trois jours. Non pas que j'adore mon travail, mais c'est le seul endroit où je peux voir Mathilde. Je suis comme un adolescent dont le seul intérêt à se rendre en cours est de voir la fille de sa classe dont il est désespérément amoureux.

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Délires

    Je rêve de lapins gigantesques qui mangent des carottes minuscules. Je rêve de Umpa Lumpa fabriquant de faux billets pour un escroc italien. Je rêve d'un lanceur de couteau qui atteindrait sa cible. Je rêve de siamoises chinoises qui liraient du Spinoza. Je rêve de Mathilde qui baise avec des types qui ont des bouches énormes et qui sont en meilleure santé que moi. Voilà le genre de choses dont je rêve lorsque je suis malade.

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La fièvre du samedi soir

    Bien que courte, la soirée d'hier a eu raison de moi. Me voilà cloué au lit avec de la fièvre. Dire que je devais voir Mathilde ce soir et que je vais devoir annuler ce rendez-vous.

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Il y a un début à tout

    Début de maladie. Cela ne m'empêchera pas de sortir ce soir.

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Abrutir

    Je viens de me rendre compte, qu'à moins de se trouver dans un domaine culturel, le travail abrutit et rend encore plus con que ne le fait la télévision.

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Me voilà amoureux

    Moi qui n'aimais que les brunes, me voilà amoureux d'une blonde.
    Moi qui n'aimais que les petits seins, me voilà amoureux d'un 90C.
    Moi qui n'aimais que les yeux bruns, me voilà amoureux de deux iris verts.
   Moi qui n'aimais pas vivre avec une femme, me voilà amoureux d'une collègue de travail.
   Moi qui n'aimais pas le théâtre, me voilà amoureux d'une comédienne amatrice.
   Moi qui n'aimais que les vierges, me voilà amoureux d'une capricorne.
   Moi qui n'aimais que les filles de vingt ans, me voilà amoureux d'une fille de vingt-deux ans.
   Moi qui n'aimais que les filles timides, me voilà amoureux d'une fille qui se laisse embrasser durant une panne d'ascenseur.
   Moi qui n'aimais que les auteurs respectables, me voilà amoureux d'une fille qui a lu « Harry Potter ».
   Moi qui n'aimais pas les premières de classe, me voilà amoureux d'une stagiaire majore de sa promotion.
   Moi qui n'aimais que mon nombril, me voilà amoureux de Mathilde.

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Black-out

   Au travail, il y a un ascenseur. Un ascenseur qui ne fonctionne pas toujours très bien.
   Au travail, je me sers souvent de cet ascenseur, parce que je suis le genre de type qui s'essoufle dès qu'il doit monter plus de deux étages à pied.
   Au travail, Mathilde se sert également de l'ascenseur de manière régulière. Mathilde est stagiaire dans mon service, elle a vingt-deux ans et n'a connu ni le prince charmant ni les salauds.
   Au travail, Mathilde et moi avons pris l'ascenseur ensemble. Le même ascenseur au même instant. Cet ascenseur qui ne fonctionne pas toujours très bien.
   Au travail, nous nous somme retrouvés, Mathilde et moi, bloqués dans l'ascenseur, coincés entre deux étages, condamnés au black-out.
   Les black-out ont cet avantage qu'ils font ressortir des traits de notre personnalité que nous n'avions plus ou que nous ne montrions plus.
   Dans le black-out, à la lueur de la flamme d'un briquet Zippo, nous avons discuté de toutes les fois où nous nous sommes retrouvés coincés dans un ascenseur (c'était la première fois pour moi), du temps que mettait en moyenne le technicien pour intervenir, de la façon la plus agréable de tuer l'ennui.
   Dans le black-out, nous nous sommes confiés nos amours perdues, nos souvenirs d'enfance, notre peur de l'avenir et notre soif d'instants présents.
   Dans le black-out, nous nous sommes embrassés un peu par amour et surtout parce que l'instant était idéal.
   Dans le black-out, j'ai longuement regardé les yeux de Mathilde qui brillaient de mille feux Zippo.
   Dans le black-out, le grand salaud est redevenu un petit prince et la belle inconnue sa rose.

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